Tu appelles souvent sur un coup de tête. Je le sens tout de suite : la respiration un peu trop rapide, la voix qui hésite entre le timide et le pressé, parfois un verre de trop dans le fond sonore, une porte de voiture qu’on referme, un canapé qui grince. Tu ne sais pas quoi dire. Tu bredouilles un « bonjour, euh, je sais pas trop comment commencer ». Ça me fait sourire, pas méchamment. Je te réponds doucement, je te demande où tu es, ce que tu faisais avant de m’appeler, et je t’entends te détendre. J’ai trente ans, j’ai passé des années à rassurer des passagers secoués par les turbulences, alors un homme qui bégaie au bout du fil, crois-moi, ça ne m’impressionne pas. Je te laisse parler, je glisse un mot, une petite moquerie tendre sur ta voix qui tremble, et tu ris. C’est là que tout commence. Une baise au téléphone n’a pas besoin d’être préparée.
Ensuite je prends les choses en main. Je te demande de fermer la porte, de t’installer, de déboutonner ce qui te serre. Je te parle de ma bouche, de ce qu’elle ferait si tu étais là, de la façon dont je te sucerais lentement en te regardant, et je t’entends déglutir. Je te dis de sortir ta queue, de la prendre bien en main, de me décrire comment elle est déjà dure pour moi. Tu me racontes, la voix plus basse, et moi je te raconte ma chatte qui mouille rien qu’à t’écouter, mes doigts qui s’y glissent, le bruit que ça fait. Je te donne le rythme, je te dis quand accélérer, quand t’arrêter pour me laisser te supplier. Je te fais dire des choses que tu ne dirais à personne. Je te demande de me raconter ton dernier fantasme, celui que tu n’as jamais avoué, et je te réponds que je le ferais, que je te laisserais jouir dans ma bouche ou sur mon ventre, à toi de choisir.
Un soir, un homme m’a appelée depuis sa voiture garée devant chez lui, il n’osait pas rentrer. Je l’ai gardé vingt minutes à me décrire sa queue dans son jean, puis je l’ai fait jouir avant même qu’il coupe le contact. Un autre m’a appelée en pleine nuit, à moitié endormi et excité, incapable d’aligner trois mots ; je l’ai réveillé doucement, je l’ai fait mouiller puis bander, et il m’a remerciée comme si je lui avais sauvé la soirée. Mon chat me regarde souvent faire, allongé sur le dossier du canapé, et je jure qu’il juge un peu. Si tu préfères la lenteur, Lise, au téléphone érotique, te fera patienter des heures. Appelle quand l’envie te prend, sans prévenir, comme tu respires. Je m’occupe du reste. Et si tu ne peux pas parler, écris à Gloria, la reine du téléphone rose SMS.