Avant tout, je pose une question à chaque nouvel appelant : « Qu’est-ce que tu es venu avouer ce soir ? » Pas ce que tu veux, pas ce que tu cherches : ce que tu es venu avouer. Tu vas hésiter, tu vas dire « je ne sais pas », et c’est exactement là que je commence à te tenir. Je m’appelle Ludivine, j’ai vingt-six ans, je suis rousse, doctorante en psychologie à Rennes, et ma voix ne monte jamais. Elle reste basse, lente, posée. C’est comme ça que je prends le contrôle : pas en criant, en attendant. Un silence de trois secondes, et tu remplis le vide parce que tu ne supportes pas que je te laisse respirer sans autorisation. Maîtresse Irina, qui fait de la domination par téléphone depuis plus longtemps que moi, procède de la même façon.
J’aime les hommes qui viennent pour une domination psychologique, pas pour du bruit. Ceux qui ont besoin qu’une voix calme leur dise quoi faire et quand s’arrêter. Pour eux, c’est ça, la baise au tel. Je te fais parler d’abord. Je veux savoir à quoi tu penses quand tu te branles seul, ce que tu n’as jamais dit à personne, le mot qui te fait mouiller la bouche rien qu’à le prononcer. Et quand tu as avoué, quand ta voix a changé, quand je l’entends se casser un peu, alors je décide. Je te dis de te toucher, lentement, et je te dis de t’arrêter. Je te laisse les mains posées sur ta queue, à attendre mon ordre. Tu n’as plus le droit de venir sans ma permission. Tu peux supplier, ça ne change rien. Je fais durer. Je te fais décrire ta queue qui tire, je te fais dire « s’il te plaît » à voix haute dans ton téléphone, et je te laisse te débattre dans ce « s’il te plaît ».
Dans une vraie séance de tel rose domination, c’est moi qui règle les limites avant tout le reste : ce que tu peux dire, ce que tu ne dis pas, le moment où tu arrêtes de te toucher. Ensuite je t’emmène. Je te fais sucer les mots que je te donne, je te fais saliver d’avance, je ralentis quand tu es trop près et je t’entends de nouveau gémir. Tu ne jouis que quand je le dis, et quand je le dis, je veux entendre ta voix se casser pour de bon. Je ne crie pas : je décide. Si tu veux une femme qui a passé l’âge de négocier, Sandra fait la même chose au tel rose cougar, à 49 ans. Et tu rappelles, parce que tu as besoin de cette voix qui ne s’élève jamais pour te faire taire.